Projet oXatan par Fabrice Colin
resumé
Un roman fascinant qui rappelle certains contes cruels de notre enfance.
Titre : Projet oXatan
Auteur : Fabrice Colin
Collection : Autres Mondes
Date de parution : 2002-05-01
ISBN : 9782740423
MDS : 72241
Dimensions : 130x200
Prix : 9 €
Nombre de pages : 192
Fabrice Colin
Né en 1972, Fabrice Colin est sans doute l'auteur le plus talentueux de sa génération. Il a déjà publié en adulte près de vingt romans, de la fantasy principalement, mais aussi de la science-fiction et de la littérature générale teintée de fantastique : Les Vertiges d'Arcadia, Or not to be, Les Confessions d'un mangeur d'opium (en collaboration avec Mathieu Gaborit), Dreamericana (Grand Prix de l'Imaginaire 2004), Sayonara Baby, etc..
Fabrice Colin écrit aussi pour la jeunesse où il excelle. Son premier roman en direction du jeune public, Les Enfants de la Lune (Autres Mondes, septembre 2001, Prix de la Peep 2002), a été salué par le Monde qui parle de « grâce aérienne et un peu nostalgique » et de « magie entêtante ». Séduit par Autres Mondes, Fabrice Colin est devenu un pilier de la collection. Il est aux sommaires des anthologies Les Visages de l'humain (2001) et Premiers Contacts (2005), a signé un exaltant Projet oXatan (2002) qui a dépassé les 13 000 ex vendus et accumulé les prix (15ème Livre d'Or de Valenciennes, Prix Gayant-Lecture de Douai, splendide Prix des Incorruptibles 2003-2004), un surprenant CyberPan (Grand Prix de l'Imaginaire 2004), un hilarant Mensonge du siècle (2004) et un effrayant Invisible, qui dénonce les dangers de la nanotechnologie.
Avec Memory Park, il s'interroge sur une humanité en proie aux démons du génocide et sur le douloureux travail de la mémoire.
Extrait : Projet oXatan
On a donc fait demi-tour et on a remarché jusqu'au grillage. Diana n'arrêtait pas de se plaindre, comme quoi on était des salauds et tout, et qu'elle ne voulait pas rentrer avec nous, qu'elle voulait rester ici et attendre Jester, mais Phyllis et moi, on ne l'écoutait pas vraiment, on marchait devant elle sans se retourner. Quand on est arrivés au grillage, on l'avait perdue elle aussi.
- Où elle est ? a demandé Phyllis.J'ai haussé les épaules.
- Je ne suis pas chargé de sa protection, j'ai dit.- Qu'est-ce que tu peux être bête, des fois !
Elle venait à peine de prononcer ces mots qu'un grand cri a retenti. Phyllis et moi, on est restés figés sur place. Ce n'était pas vraiment un cri de joie. Plutôt un hurlement de panique.
Diana a déboulé au bout du sentier en agitant les bras. Elle courait à toute allure.
On a compris qu'on devait passer de l'autre côté du grillage et qu'il n'y avait pas à discuter. Phyllis m'a fait signe d'y aller le premier. Elle m'a suivi, et Diana est arrivée pas loin derrière.
- Fais attention, a dit Phyllis en la voyant s'approcher.Diana était essoufflée. On aurait dit qu'elle fuyait quelque chose, ce qui était assez curieux parce qu'il n'y avait rien derrière elle. Elle a pris son élan et elle a fait comme Jester, elle a sauté entre les câbles du grillage et est retombée lourdement de l'autre côté. Je me suis baissé pour l'aider. Ses yeux étaient pleins de larmes.
- Ça va ? j'ai demandé. Ça va ?- Ma cheville, a chuchoté Diana. Et puis j'ai déchiré ma robe.
Phyllis s'est accroupie à nos côtés en scrutant la forêt.
- Pourquoi tu as couru ?- J'ai vu... a commencé Diana. J'ai vu...
Et puis les vannes ont lâché, et elle s'est mise à pleurer pour de bon.
Phyllis s'est relevée et m'a fait signe de m'occuper d'elle.
Je ne savais pas très bien comment m'y prendre. C'était la première fois que je la serrais contre moi comme ça, et je sentais l'odeur de ses cheveux, son parfum de vanille. Elle, elle se laissait aller, ses doigts crispés sur mes épaules, et elle pleurait, elle pleurait, et je ne pouvais pas faire grand-chose. Je serais bien resté comme ça toute ma vie.
Phyllis regardait toujours de l'autre côté.
Diana commençait tout juste à se calmer.
- Qu'est-ce que tu as vu ? j'ai murmuré à son oreille.- Je ne sais pas. C'était... quelqu'un. Ou quelque chose. Une sorte... une sorte d'ogre. Vous voyez ? Il avait la peau bleue, et...
Les ogres. MG nous avait souvent parlé des ogres quand nous étions petits. Des histoires de monstres dans la forêt. Des histoires pour nous faire peur.
- Il était grand comment ?- Je ne sais pas. Peut-être trois mètres.
- Il a... dit quelque chose ?
- Non. Il m'a juste regardée, et puis il s'est avancé vers moi, comme s'il voulait m'attraper. Alors je me suis mise à courir.
- Très intéressant, a dit Phyllis.
Cette fille, elle me tuait. Il pouvait se passer les pires trucs imaginables, elle restait calme comme l'eau d'un lac et son seul commentaire était : " Très intéressant. "
- Et Jester ?Diana a secoué la tête. Jester s'était perdu.
- Super, j'ai dit.On était sacrément dans la mouise.
A suivre ...Sélections et prix
Manchu
Manchu est né en 1956. Le film de Stanley Kubrick, 2001, l'Odyssée de l'espace (1968) et les premiers pas de Neil Armstrong sur la Lune (1969) ont marqué son adolescence. Mais comme il savait mieux se servir d'un crayon que d'une règle à calcul, Manchu est devenu peintre " space art ", plutôt que cosmonaute.
Il a travaillé pour Il était une fois … l'espace (FR 3) et sur le jeu de rôle L'empire galactique, collaboré à la revue Ciel et Espace, illustré de nombreuses collections de science-fiction (" Le Livre de Poche SF ", " Présence du Futur ", " Vertige SF ", " Lunes d'Encre ", etc.) et fait le design de la série Amenophis IV, bande dessinée de Dieter et Etienne Le Roux (Delcourt, 2000 et 2002).
Manchu a fini en beauté le millénaire précédent en exposant à La Maison d'Ailleurs à Yverdon (Suisse) et dans toutes les grandes manifestations SF de l'année 2000 (les Galaxiales à Nancy, Etonnants Voyageurs à Saint-Malo, Utopia à Nantes), et en recevant le Grand Prix de l'Imaginaire 2001. Il inaugure brillamment le troisième millénaire en décrochant le prix Visions du futur, en étant au sommaire de l'édition 2002 du prestigieux album américain Spectrum et en exposant au château de Tours (été 2003). Science (Fiction) (Delcourt, 2002) est un magnifique livre d'art qui regroupe ses meilleures illustrations, dont certaines couvertures de la collection " Autres Mondes ".Dans la préface, Gérard Klein écrit : " Dans l'art difficile du réalisme impossible, Manchu est certainement l'un des meilleurs, voire le meilleur ".


























