Les sonneurs noirs

Les sonneurs noirs par Jean-Pierre Hubert

resumé

Considérée comme un art égoïste, la musique est interdite dans la technopole d'Holoss. Habité par un fabuleux don musical, Joz Talit va construire ses propres instruments et jouer, avec son groupe de rebelles « Les Sonneurs noirs », jusqu'à ce que les murailles de ce totalitarisme soft s'écroulent.
La révolution grâce à la musique et l'amour !
Fiche Livre

Titre : Les sonneurs noirs

Auteur : Jean-Pierre Hubert

Collection : Autres Mondes

Date de parution : 2004-01-01

ISBN : 9782740416

MDS : 72251

Dimensions : 130x200

Prix : 9 €

Nombre de pages : 240

Jean-Pierre Hubert

Né à Strasbourg en 1941, Jean-Pierre Hubert nous a quittés le 1er mai 2006. Il apprend le français sur les bancs de la maternelle et dans les bandes dessinées de Coq Hardi. Après avoir passé des décennies à donner le goût de la lecture et de l'écriture aux adolescents (et tout particulièrement aux collégiens de la ville où il habitait, Wissembourg, dans le Bas-Rhin), il quitte le giron de l'éducation Nationale.

Jean-Pierre Hubert écrit de 1973 à sa mort. Trente trois années pendant lesquelles il publie une cinquantaine de nouvelles et quinze romans (dont Le Champ du rêveur, Grand Prix de la SF Française 1984, Denoël). Ses qualités de styliste lui ont valu de nombreux prix. Mais l'homme avait plusieurs cordes à son arc : il a aussi écrit des scénarios de téléfilms, des pièces de théâtre et des pièces radiophoniques.
Il était passionné de musique folk et ancienne et jouait de l'accordéon diatonique, de l'épinette des Vosges et de la flûte à bec, c'était également un redoutable danseur de fest-noz !

Avec Le Bleu des mondes paru en 1997 (Vertige SF, Hachette Jeunesse), Jean-Pierre Hubert aborde les univers de la science-fiction jeunesse sous la direction de Denis Guiot, alors directeur de Vertige SF. C'est pour lui une découverte. Lorsque Denis Guiot lance "Autres Mondes " pour Mango, il récidive avec Les Cendres de Ligna (2000), Sa Majesté des clones (2002), un audacieux hommage au chef-d'oeuvre de William Golding et Les Sonneurs noirs (2004) où il exprime son amour pour la musique et la danse traditionnelles, mais aussi la liberté.
Sur les pistes de Scar est un roman d'aventures sportives et exotiques où l'auteur avoue sa fascination et son dégoût pour les rallyes du genre Paris-Dakar. Il est aussi au sommaire de toutes les anthologies " Autres Mondes " : Graines de futurs, Les Visages de l'humain , Demain la Terre et Premiers Contacts.

Jean-Pierre Hubert
Du même auteur
Autres Mondes
Les cendres de Ligna Sa Majesté des clones Sur les pistes de Scar

Extrait : Les sonneurs noirs

- Oh ! doucement le migrant. Tu n'es pas dans les champs ici, regarde où tu mets les pieds.

Sans même avoir à lever les yeux, Joz sut instantanément à quel genre de personne il avait affaire. Le garde du corps de Bruleh portait également cette collection de colifichets clinquants sur son gilet. La sécurité !

- Pardon, je suis désolé, dit-il en s'effaçant.

L'individu n'était pas seul, deux acolytes faits sur le même moule l'accompagnaient.

- Dis donc Rug, siffla l'un d'entre eux, c'est que ce paysan a des manières…
- Pas tant que ça. Regarde la tronche qu'il tire. On sent qu'un sourire lui déchirerait la gueule.
- J'ai réglé mon droit d'entrée. Laissez-moi tranquille,
dit Joz sans répondre à la provocation.

À qui devait-il ce charmant comité d'accueil ? Au gorille de Bruleh, qui n'avait pas digéré qu'il ait bavardé avec sa protégée ?

- Te laisser tranquille ? Ça dépend de toi, grasseya le dénommé Rug qui prenait les initiatives. Nous sommes des hexas chargés de la police portuaire, et en tant que tels habilités à effectuer certains contrôles légaux. Alors, tu vas nous suivre gentiment jusqu'aux guichets de la douane au fond du hall.

L'interpellation ne cherchait pas à être discrète. Les trois hexas roulaient des mécaniques en encadrant leur suspect. Quelques curieux, qui s'étaient arrêtés pour suivre la scène, accompagnèrent le groupe pour profiter de ce spectacle gratuit.
Le sac fut posé sur une table. Joz dut enlever sa chemise de toile. Les badauds découvrirent avec surprise un torse râblé et des muscles noueux de travailleur de force qu'on ne soupçonnait pas à première vue, et plus encore : un tatouage représentant une chaîne qui encerclait les pectoraux et fuyait sous les bras.
Rug désigna le tatouage d'un air dégoûté :

- C'est quoi cette horreur, Joz Talit ?
- Une chaîne qui résume ma vie jusqu'à présent. Je pense que j'ai le droit de l'emporter avec moi, elle m'accompagne partout !
laissa-t-il tomber d'une voix frémissante.

Les yeux de l'hexa se résumèrent à une fente.

- Tes manières de rustre me déplaisent, migrant, lui souffla-t-il à la figure. Ici on aime le raffinement et les visages souriants.
- Comme le tien…

La réplique d'une évidente insolence laissa planer un lourd silence, interrompu par les glapissements de l'hexa qui fouillait le sac.

- Regardez ce que j'ai trouvé dans une poche cousue, exultait-il en exhibant un petit objet en terre cuite qui semblait représenter un oiseau avec quelques traits de couleur naïfs figurant les plumes et le bec.

Il y eut un murmure désapprobateur dans l'assistance.

- Si cette chose ne ressemble pas à un instrument égoïste ! triompha Rug en se saisissant du bibelot.
- C'est une poterie de mon oncle, un souvenir personnel…
- Oui, avec des trous pour placer ses doigts et un sifflet taillé en biseau pour émettre des sons sauvages.

- Essaie donc de jouer une mélodie là-dessus, tu verras bien… s'insurgea le garçon.

Il se rendit compte trop tard qu'il venait de commettre une imprudence. On l'avait prévenu de se méfier de ce sujet tabou au cœur de la technopole. Seuls les infrachords, ces synthétiseurs officiels soigneusement bridés, étaient autorisés à sonoriser la ville. Tout le reste était jugé " objet à risque ".
Un rictus s'étira sur la face de Rug.

- Alors tu avoues l'avoir porté à ta bouche ?

Joz comprit que l'hexa allait laisser tomber le fragile souvenir. Il tenta de se ruer en avant, mais les aides de Rug l'empoignèrent avec rudesse en lui plantant un genou dans les reins. On lui releva la tête en le tirant par les cheveux juste ce qu'il fallait pour qu'il puisse voir l'objet tomber sous son nez, se briser en mille morceaux et être réduit en poudre par une botte rageuse.

A suivre ...

Sélections et prix

Philippe Munch

Né à Colmar en 1959, Philippe Munch vit actuellement à Strasbourg. Il a toujours été passionné par le dessin et la lecture, ce qui l'a naturellement amené à la bande dessinée (premières réalisations en 1966 !).
Après des débuts professionnels dans la BD, il se tourne vers l'illustration en 1984. Les plus grands éditeurs l'accueilleront : Gallimard, Casterman, Nathan, Hachette Jeunesse, Albin Michel, etc. Dans le domaine de la SF et de la fantasy, ses genres de prédilection, il a illustré Le Seigneur des Anneaux de Tolkien (Gallimard), Les aventures de Kerri et Megane de Kim Aldany (Nathan), Le Maître de Juventa de Robert Belfiore (Hachette Jeunesse), le cycle de La Moïra d'Henri Loevenbruck (Bragelonne) et Rougemuraille de Brian Jacques (Mango), dont les somptueuses couvertures ont largement contribué au succès de la série.

Sa couverture pour le roman de Dany Jeury, Squatteur de rêve ! est la première qu'il a réalisée pour Autres Mondes. Depuis, il a signé celle des Chimères de la Mort , des Visages de l'humain (d'après le dessin d'un jeune illustrateur prometteur, Léonard de Vinci), de Sa Majesté des clones et de Mósa Wòsa .
" Mais si l'espace me fascine, précise Philippe Munch, je n'en reste pas moins passionné par une planète particulière, la Terre que j'essaie de découvrir au fil de nombreux voyages faits en compagnie de ma compagne et mon fils. " Et de conclure : " Je suis également très bon au baby-foot. Surtout à l'arrière. "

Philippe Munch
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