Mauvais rêve

Mauvais rêve par Christian Léourier

resumé

A 15 ans, Simon est un sculpteur de rêve très doué.
Mais les rêves peuvent tourner au cauchemar... et tuer.
Fiche Livre

Titre : Mauvais rêve

Auteur : Christian Léourier

Collection : Autres Mondes

Date de parution : 2006-11-01

ISBN : 9782740420

MDS : 72300

Dimensions : 130x200

Prix : 9 €

Nombre de pages : 215

Christian Léourier

Christian Léourier est né en en 1948. Son premier roman, Les Montagnes du soleil (1972) est publié dans la prestigieuse collection " Ailleurs et Demain ". Par la suite, il alterne des romans pour la jeunesse (la série des Jarvis chez Hachette) et des romans pour adultes faisant la part belle à la rencontre entre deux cultures : La Planète inquiète (Laffont, 1979), Ti-Harnog (J'Ai Lu, 1984), Les Masques du réel (J'Ai Lu, 1991), etc. Il travaille actuellement pour la Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives du Ministère de la Défense et anime, à ce titre, la nouvelle collection " Les Romans de la mémoire " coéditée par ce ministère et Nathan.

Pendant de longues années, très pris par ses activités professionnelles, Christian Léourier a nettement ralenti sa production littéraire. Mais l’envie de participer à l’aventure d’ « Autres Mondes » et les progrès de l’extrême droite dans notre pays l’ont conduit à renouer avec la SF jeunesse et d’écrire Mission Brume (2003), qui a pour thème le fascisme. Mauvais rêve (novembre 2006) s’attaque cette fois au totalitarisme rampant, insidieux, et l’auteur ne se cache pas d’avoir pris Silvio Berlusconi comme modèle pour son personnage d’Il Padrone. Le même mois que Mauvais rêve, Christian Léourier sort chez Bayard Les Temps cruels, tome 3 de la trilogie Sous le vent de la liberté qui se passe à la fin du XVIIIème siècle, à une époque où les sociétés étaient en pleine mutation et où le combat pour la liberté faisait rage.

Christian Léourier
Du même auteur
Autres Mondes
Mission Brume

Extrait : Mauvais rêve

Ce fut la douleur de ses muscles contractés qui le ramena à la conscience. Il éprouvait aussi un élancement atroce à la base de l’occiput, à l’endroit où pénétrait le cathéter.
Il ressentait encore dans sa gorge la brûlure de l’eau salée. Mais l’odeur du plastique le ramenait à un environnement familier : la cellule de l’oniro. Des voix lui parvenaient sans qu’il pût en rassembler les éclats dans un dialogue cohérent. Il ouvrit les paupières. Le docteur Lejeune se penchait sur lui. Les paroles s’articulèrent enfin entre elles.

— Il revient.
— Ses constantes ?
lâcha un autre homme, que Simon ne voyait pas.
— Elles s’améliorent, répondit Lejeune.
— L’oniro ? Où en est l’oniro ?
— Il en a récupéré six, précisa une troisième voix, probablement un techno.
— Bon sang, où sont les quatre autres ?

Simon peinait à donner un sens à ces propos. Il comprenait seulement qu’on l’avait réveillé prématurément, sans passer par la phase de désengagement. Ses clients rêvaient-ils encore, livrés au seul appareil ?

— Sept ! annonça le techno. Une aiguille pénétra dans le bras de Simon
— J’ai mal, articula-t-il d’une voix pâteuse.
— Mais enfin, que s’est-il passé ? demanda Lejeune.
— En tout cas, ça ne vient pas de la machine, s’empressa de préciser le technicien.

Simon ne répondit rien. Des souvenirs remontaient à la surface de son esprit engourdi, telles des bulles crevant la boue d’un marécage. D’abord, le chant des marins, puis les voiles qui se déploient dans le soleil. Moby Dick… Appuyé à la rambarde du gaillard d’avant, Achab, le capitaine du Pequod, exhorte son équipage. Sa jambe gauche, taillée dans la mâchoire d’un cachalot, luit doucement dans la lumière du matin. Une cicatrice traverse son visage, prolongée par une mèche de cheveux blancs. Il a l’œil noir, la mâchoire carrée, le front buté, mais il n’emprunte pas les traits de Gregory Peck. Tout de suite, un rêveur s’est attribué le personnage. Et les autres – à peine discernables des figurants que l’oniro a généré à partir des images mentales de Simon – s’enthousiasment à l’idée de chasser la baleine blanche. Simon baigne dans leur euphorie. Jusqu'à cette chasse… Soudain, la peur. Un sentiment de panique qui va bien au-delà des montées d’adrénaline que viennent rechercher ses clients. Quelque chose lui échappe. Il faut revenir, rejoindre le Pequod. Mais ses co-rêveurs ne répondent pas à ses efforts, fascinés par l’eau noire qui les cerne.
Puis le cachalot crève la surface.
Il est encore temps : Moby Dick n’est qu’un élément du rêve. Il l’y a lui-même introduit. Il en a donc la complète maîtrise. Pourtant l’œil du monstre se pose sur l’esquif et Simon se sent balayé par la haine qu’il exprime, il perd pied. Avec horreur, il voit l’imposante masse pencher dans sa direction… Le pire est encore cette vision d’horreur, juste avant d’être réveillé, cette chair sanglante dans la gueule du cétacé…

— La baleine, souffle-t-il. Elle a été plus forte que moi…
— Qu’est-ce qu’il raconte ?
s’étonne le physio.
— Il délire. Il est encore dans les vapes, s’emporte Lejeune.

Mais Simon sait qu’il a raison. Il n’a pas dominé le rêve. Il a perdu tout contrôle. Cette constatation l’affole. Pourtant ses muscles se détendent, lui procurant un soulagement bienvenu : la piqûre fait son effet.  

— On en a récupéré neuf, annonce la voix lointaine du techno. Le dixième est mort. A suivre ...

Sélections et prix

Manchu

Manchu est né en 1956. Le film de Stanley Kubrick, 2001, l'Odyssée de l'espace (1968) et les premiers pas de Neil Armstrong sur la Lune (1969) ont marqué son adolescence. Mais comme il savait mieux se servir d'un crayon que d'une règle à calcul, Manchu est devenu peintre " space art ", plutôt que cosmonaute.

Il a travaillé pour Il était une fois … l'espace (FR 3) et sur le jeu de rôle L'empire galactique, collaboré à la revue Ciel et Espace, illustré de nombreuses collections de science-fiction (" Le Livre de Poche SF ", " Présence du Futur ", " Vertige SF ", " Lunes d'Encre ", etc.) et fait le design de la série Amenophis IV, bande dessinée de Dieter et Etienne Le Roux (Delcourt, 2000 et 2002).
Manchu a fini en beauté le millénaire précédent en exposant à La Maison d'Ailleurs à Yverdon (Suisse) et dans toutes les grandes manifestations SF de l'année 2000 (les Galaxiales à Nancy, Etonnants Voyageurs à Saint-Malo, Utopia à Nantes), et en recevant le Grand Prix de l'Imaginaire 2001. Il inaugure brillamment le troisième millénaire en décrochant le prix Visions du futur, en étant au sommaire de l'édition 2002 du prestigieux album américain Spectrum et en exposant au château de Tours (été 2003). Science (Fiction) (Delcourt, 2002) est un magnifique livre d'art qui regroupe ses meilleures illustrations, dont certaines couvertures de la collection " Autres Mondes ".Dans la préface, Gérard Klein écrit : " Dans l'art difficile du réalisme impossible, Manchu est certainement l'un des meilleurs, voire le meilleur ".

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Autres Mondes
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