Mósa Wòsa par Nathalie Le Gendre
resumé
A travers l'histoire émouvante de ces deux adolescents sur lesquels planent les ombres de la maladie et de la mort, Nathalie Le Gendre exprime avec sa fougue habituelle sa passion pour les Indiens, peuple opprimé depuis des siècles.
Titre : Mósa Wòsa
Auteur : Nathalie Le Gendre
Collection : Autres Mondes
Date de parution : 2004-03-01
ISBN : 9782740417
MDS : 72252
Dimensions : 130x200
Prix : 9 €
Nombre de pages : 240
Nathalie Le Gendre
« Je suis née en Bretagne. En 1970. Petite, plusieurs métiers me séduisaient : comédienne, pilote de courses moto et dessinatrice.
Aujourd'hui, je possède une moto dite " sportive " et je me délecte à la piloter (mais bon, pas encore sur les circuits) ; je croque avec ma palette de craies et de fusains (en amateur) ; pour le théâtre (ah, la scène ! la petite sÅ“ur de l'écriture !), après sept ans passés à Hambourg, je n'ai plus eu l'occasion d'en faire. Mais ce n'est que partie remise : plusieurs projets accaparent déjà mon esprit depuis mon retour en Bretagne.
L'écriture dans tout ça ? Eh bien j'écris, ou plutôt je noircis, des pages de cahiers avec des histoires et des poèmes depuis que je sais tenir un stylo. Mais, étrangement, je ne considérais pas l'écriture comme un métier. Et puis un jour, après la poésie, les contes pour enfants, les pièces de théâtre, je me suis rendue à l'évidence : écrire est un métier, et ce métier, c'est ma vie ! La science-fiction et la fantasy m'ont toujours passionnée. Est-ce dû aux fabuleuses légendes de mon pays ? J'en suis certaine. Vie et Liberté : deux maîtres mots de mon existence. Dans les larmes de Gaïa, mon premier roman publié, s'est tout naturellement orienté vers ces deux thèmes. La Vie est l'essence de Mósa Wòsa, la Liberté le moteur d'Automates. Mon rejet de l'injustice et de l'inhumanité gouverne 49302. »
Nathalie Le Gendre Paru en octobre 2003, Dans les larmes de Gaïa a séduit tous les publics et a collectionné les Prix , dépassant les 20 000 exemplaires vendus. A propos de Mósa Wòsa, Jacques Baudou a écrit dans Le Monde : " Ce deuxième roman confirme l'impression laissée par Dans les larmes de Gaïa, à savoir l'apparition d'un auteur de toute première grandeur dans le secteur de la SF pour la jeunesse ".
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Extrait : Mósa Wòsa
La voix renouvela son communiqué.
- Attention ! Attention ! Un orage va être déclenché dans une demi-heure. Veuillez évacuer le parc et regagner les sous-sols.Mósa s'apprêtait à obéir à l'injonction lorsque l'atmosphère se mit à bruisser d'électricité statique. Le jeune Indien s'arrêta net et leva la tête. Rapides, de gros nuages gris s'accumulaient entre les tours, des éclairs illuminant déjà leur masse sombre.
- Tiens, tiens ! lança une voix grave dans son dos, feignant la surprise. Ne serait-ce pas notre Indien ?Mósa se retourna. À cinq mètres de lui, les jambes écartées, les poings sur les hanches et le regard mauvais se tenaient les trois voyous qui l'avaient agressé la veille. Un peu à l'écart, la mine tourmentée, Wòsa se dandinait d'une jambe sur l'autre.
- Wòsa ? s'exclama-t-il, stupéfait.- Alors, Peau-Rouge, tu t'promènes ? gronda Silt.
- Qu'est-ce que vous me voulez ?
Le ciel était très bas à présent, noyant le parc sous un épais voile noir.
- Les gens de ta race me dégoûtent, autant que les handicapés et les clones. On n'aime pas les tarés. On a envie, mes potes et moi, d'avoir une petite conversation avec toi. Pas vrai ? dit-il en lançant un regard vers Wòsa.Bon sang ! Je n'avais donc pas rêvé, pensa Mósa, j'étais bien suivi !
Une bourrasque se leva subitement. Les branches des arbres se lamentèrent sous l'assaut des rafales, de plus en plus violentes. Une grosse goutte, une deuxième, puis des dizaines vinrent s'écraser lourdement sur le sol élastique, rebondissant comme des billes. Un éclair laboura les nuages, embrasant la lueur venimeuse qui brillait dans les yeux de Silt. Le chef de la bande éclata de rire. C'était un rire à peine audible dans le vacarme infernal que provoquaient les éléments déchaînés, mais le rictus mauvais sur ses lèvres en disait long sur ses intentions.
D'un pas assuré, il se rapprocha de Mósa. Instinctivement, ce dernier recula, mais quelqu'un le projeta en avant, presque dans les bras du voyou. Bien trop occupé à surveiller Silt, le jeune Indien n'avait pas vu Frank et Rob le contourner en douce.
La pluie tombait dru maintenant, détrempant les habits des adolescents qui n'en avaient cure. Gorgée d'eau, l'allée prenait l'allure d'un torrent miniature. L'hilarité de Silt résonnait toujours aux oreilles de Mósa, qui commençait à sentir la peur serpenter dans ses veines.
Brusquement, Frank et Rob lui bloquèrent les bras dans le dos. Silt approcha sa bouche de l'oreille de Mósa.
D'une rapide contorsion, Mósa se dégagea de l'étreinte de ses agresseurs. En position de combat, souple sur ses jambes, les bras ballants, tous les sens aux aguets, il attendait l'assaut. À trois contre un, la lutte s'annonçait plus qu'inégale malgré les qualités physiques que le jeune Indien avait développées en pratiquant la chasse. Il lança un regard désespéré vers son frère. Wòsa semblait figé. Ses membres tremblaient et ses vêtements mouillés collaient à son corps, soulignant sa maigreur. De toute évidence, il ne lui viendrait pas en aide. Pourquoi, Wòsa ? lança l'Indien en une question muette.
Silt sortit un cran d'arrêt de sa poche. La lame jaillit dans un claquement sec.
Il se précipita sur son adversaire, fendant l'air de son couteau. Mósa ne réussit à l'esquiver qu'en partie : la lame lui entailla profondément le bras. Les deux combattants se faisaient à nouveau face. La pluie se mêlait au sang qui dégoulinait de la blessure de l'Indien. Celui-ci avait l'impression de se trouver devant un animal sauvage, mais il aurait préféré être face au puma que Nai'uchi avait tué !
Vif, Silt bondit sur Mósa. Ce dernier agrippa le poignet armé, le tordit pour obliger le voyou à lâcher son couteau puis, de toutes ses forces, plaqua le chef de la bande contre un arbre. De son autre main refermée comme une serre, il le saisit à la gorge.
Il força un peu plus sur la gorge du jeune homme pour lui relever le menton. Dans le regard de Silt ne perçait que de la haine. Aucun sentiment de culpabilité. Aucun regret. Rien. Un bloc de glace.
- ATTENTION MÓSA, DERRIÈRE TOI, cria soudain Wòsa.A suivre ...
Sélections et prix
Philippe Munch
Né à Colmar en 1959, Philippe Munch vit actuellement à Strasbourg. Il a toujours été passionné par le dessin et la lecture, ce qui l'a naturellement amené à la bande dessinée (premières réalisations en 1966 !).
Après des débuts professionnels dans la BD, il se tourne vers l'illustration en 1984. Les plus grands éditeurs l'accueilleront : Gallimard, Casterman, Nathan, Hachette Jeunesse, Albin Michel, etc. Dans le domaine de la SF et de la fantasy, ses genres de prédilection, il a illustré Le Seigneur des Anneaux de Tolkien (Gallimard), Les aventures de Kerri et Megane de Kim Aldany (Nathan), Le Maître de Juventa de Robert Belfiore (Hachette Jeunesse), le cycle de La Moïra d'Henri Loevenbruck (Bragelonne) et Rougemuraille de Brian Jacques (Mango), dont les somptueuses couvertures ont largement contribué au succès de la série.
Sa couverture pour le roman de Dany Jeury, Squatteur de rêve ! est la première qu'il a réalisée pour Autres Mondes. Depuis, il a signé celle des Chimères de la Mort , des Visages de l'humain (d'après le dessin d'un jeune illustrateur prometteur, Léonard de Vinci), de Sa Majesté des clones et de Mósa Wòsa .
" Mais si l'espace me fascine, précise Philippe Munch, je n'en reste pas moins passionné par une planète particulière, la Terre que j'essaie de découvrir au fil de nombreux voyages faits en compagnie de ma compagne et mon fils. " Et de conclure : " Je suis également très bon au baby-foot. Surtout à l'arrière. "

















