Le Mensonge du siècle par Fabrice Colin
resumé
Titre : Le Mensonge du siècle
Auteur : Fabrice Colin
Collection : Autres Mondes
Date de parution : 2004-11-01
ISBN : 9782740418
MDS : 72761
Dimensions : 130x200
Prix : 9 €
Nombre de pages : 264
Fabrice Colin
Né en 1972, Fabrice Colin est sans doute l'auteur le plus talentueux de sa génération. Il a déjà publié en adulte près de vingt romans, de la fantasy principalement, mais aussi de la science-fiction et de la littérature générale teintée de fantastique : Les Vertiges d'Arcadia, Or not to be, Les Confessions d'un mangeur d'opium (en collaboration avec Mathieu Gaborit), Dreamericana (Grand Prix de l'Imaginaire 2004), Sayonara Baby, etc..
Fabrice Colin écrit aussi pour la jeunesse où il excelle. Son premier roman en direction du jeune public, Les Enfants de la Lune (Autres Mondes, septembre 2001, Prix de la Peep 2002), a été salué par le Monde qui parle de « grâce aérienne et un peu nostalgique » et de « magie entêtante ». Séduit par Autres Mondes, Fabrice Colin est devenu un pilier de la collection. Il est aux sommaires des anthologies Les Visages de l'humain (2001) et Premiers Contacts (2005), a signé un exaltant Projet oXatan (2002) qui a dépassé les 13 000 ex vendus et accumulé les prix (15ème Livre d'Or de Valenciennes, Prix Gayant-Lecture de Douai, splendide Prix des Incorruptibles 2003-2004), un surprenant CyberPan (Grand Prix de l'Imaginaire 2004), un hilarant Mensonge du siècle (2004) et un effrayant Invisible, qui dénonce les dangers de la nanotechnologie.
Avec Memory Park, il s'interroge sur une humanité en proie aux démons du génocide et sur le douloureux travail de la mémoire.
Extrait : Le Mensonge du siècle
Je me suis réveillé en sursaut. Un choc terrible venait de se produire, et ce n'était pas dans mon rêve. J'ai bondi au pied de mon lit. L'un des murs de ma cellule, hérissé de barres de fer, avait tout simplement été soufflé. Un nuage de poussière s'élevait des décombres. Des militaires couraient partout sans me prêter attention.
Je me suis avancé. J'avais l'impression de rêver encore, mais les murs pulvérisés, les portes arrachées, le cratère fumant vers lequel je m'avançais en chancelant, tout cela était on ne peut plus réel.
J'ai levé les yeux. Il y avait un trou d'environ vingt mètres au plafond. Au-dessus du trou, on ne voyait pas le ciel : seulement une masse métallique énorme. Une odeur d'ozone flottait sur les gravats. Aux abords du cratère, les soldats étaient tétanisés.
De la masse métallique, un faisceau opalescent descendit soudain. Tout le monde recula. Des hommes tirèrent leurs armes, visèrent le rayon en tremblant.
Puis une forme descendit.
Humanoïde.
Personne ne bougea. La forme mit pied à terre et s'écarta du halo blanchâtre qui l'avait amenée jusqu'à nous.
Nous la distinguions maintenant parfaitement.
C'était un être de petite taille, un mètre vingt tout au plus, pourvu d'une tête volumineuse en forme de pastèque. Sa peau était grise, cendrée. Il avait six doigts à chaque main, et on ne lui voyait pas d'organes génitaux malgré sa complète nudité. Ses yeux étaient énormes et dépourvus de pupille. Ils exprimaient une sorte de calme intelligence.
L'être venu d'ailleurs tenait un objet métallique pourvu d'un écran minuscule. Il l'a consulté quelques secondes, comme on regarde une carte. Les soldats ont armé leurs fusils. La créature a promené sur eux un regard inquisiteur.
Il parlait un anglais parfait, dépourvu d'accent. Les militaires et les agents de la CIA, couverts de poussière, se sont dévisagés avec effarement.
- C'est moi, ai-je dit.- Bon, a fait la créature en se caressant le menton. Âge terrestre : quatorze ans, huit mois, quatre jours, onze heures, seize minutes, quarante-trois secondes, soixante-quatorze centièmes de seconde, six cent dix-huit…
- Oui, c'est moi, ai-je confirmé en tentant un sourire amical. La plupart des gens trouvent que je fais un peu plus, mais c'est parce que je suis mature.
La créature a cligné des yeux.
- Suivez-nous.- Quoi ?
- Suivez-nous, a répété la créature un peu plus fort.
- J'avais entendu, ai-je soupiré. Ce que je voulais savoir, c'est pourquoi ?
- Suivez-nous.
L'un des types de la CIA a plissé les yeux en maintenant la créature en joue. Il s'est approché de moi à petits pas.
- Je crois qu'il veut que vous le suiviez.J'ai haussé les épaules. J'ai montré la soucoupe.
- Je ne monte pas là-dedans. Carrément hors de question.- Nous avons votre frère, a dit la créature.
- Mon quoi ?
- Votre frère.
- Je n'ai pas de frère.
- Non ?
- Ben non.
La créature est revenu à son appareil. Sa peau était en train de rougir.
- Vous êtes pourtant bien Jason Palomino. Quatorze ans, huit mois, quatre jours, onze heures, dix-sept minutes, treize secondes, trente-huit centièmes…- Stop, l'ai-je coupé en secouant les mains. Oui, c'est bien moi, mais je vous répète que je n'ai pas de frère.
- Votre frère s'appelle Emilio Alfonzo de la Destrución de la Muerte. Nous le retenons prisonnier. Vous tenez à le revoir ?
Il déroulait son discours d'une voix tranquille, étrangement dénuée d'émotion. La situation était absurde. Emilio Alfonzo ? Mon frère ? ? ?
- Nous le retenons, a confirmé la créature.Il commençait à me fatiguer. J'ai considéré un instant la possibilité de tourner les talons et de rentrer tranquillement chez moi pour me taper un bon hamburger devant une série télé à la noix, puis je me suis souvenu que je me trouvais dans les locaux secrets de la CIA, et que les types qui travaillaient ici ne seraient sûrement pas d'accord avec cette partie du programme. J'ai donc opiné.
- OK, je vous suis. A suivre ...Sélections et prix
Manchu
Manchu est né en 1956. Le film de Stanley Kubrick, 2001, l'Odyssée de l'espace (1968) et les premiers pas de Neil Armstrong sur la Lune (1969) ont marqué son adolescence. Mais comme il savait mieux se servir d'un crayon que d'une règle à calcul, Manchu est devenu peintre " space art ", plutôt que cosmonaute.
Il a travaillé pour Il était une fois … l'espace (FR 3) et sur le jeu de rôle L'empire galactique, collaboré à la revue Ciel et Espace, illustré de nombreuses collections de science-fiction (" Le Livre de Poche SF ", " Présence du Futur ", " Vertige SF ", " Lunes d'Encre ", etc.) et fait le design de la série Amenophis IV, bande dessinée de Dieter et Etienne Le Roux (Delcourt, 2000 et 2002).
Manchu a fini en beauté le millénaire précédent en exposant à La Maison d'Ailleurs à Yverdon (Suisse) et dans toutes les grandes manifestations SF de l'année 2000 (les Galaxiales à Nancy, Etonnants Voyageurs à Saint-Malo, Utopia à Nantes), et en recevant le Grand Prix de l'Imaginaire 2001. Il inaugure brillamment le troisième millénaire en décrochant le prix Visions du futur, en étant au sommaire de l'édition 2002 du prestigieux album américain Spectrum et en exposant au château de Tours (été 2003). Science (Fiction) (Delcourt, 2002) est un magnifique livre d'art qui regroupe ses meilleures illustrations, dont certaines couvertures de la collection " Autres Mondes ".Dans la préface, Gérard Klein écrit : " Dans l'art difficile du réalisme impossible, Manchu est certainement l'un des meilleurs, voire le meilleur ".


























