Memory Park

Memory Park par Fabrice Colin

resumé

Le jeune Pavel est un des rares rescapés de l’épuration ethnique de 2019 en Poldavie. Mais le nouveau gouvernement veut effacer toute trace du génocide.
Fiche Livre

Titre : Memory Park

Auteur : Fabrice Colin

Collection : Autres Mondes

Date de parution : 2007-02-01

ISBN : 9782740421

MDS : 60003

Dimensions : 130x200

Prix : 9 €

Nombre de pages : 240

Fabrice Colin

Né en 1972, Fabrice Colin est sans doute l'auteur le plus talentueux de sa génération. Il a déjà publié en adulte près de vingt romans, de la fantasy principalement, mais aussi de la science-fiction et de la littérature générale teintée de fantastique : Les Vertiges d'Arcadia, Or not to be, Les Confessions d'un mangeur d'opium (en collaboration avec Mathieu Gaborit), Dreamericana (Grand Prix de l'Imaginaire 2004), Sayonara Baby, etc..

Fabrice Colin écrit aussi pour la jeunesse où il excelle. Son premier roman en direction du jeune public, Les Enfants de la Lune (Autres Mondes, septembre 2001, Prix de la Peep 2002), a été salué par le Monde qui parle de « grâce aérienne et un peu nostalgique » et de « magie entêtante ». Séduit par Autres Mondes, Fabrice Colin est devenu un pilier de la collection. Il est aux sommaires des anthologies Les Visages de l'humain (2001) et Premiers Contacts (2005), a signé un exaltant Projet oXatan (2002) qui a dépassé les 13 000 ex vendus et accumulé les prix (15ème Livre d'Or de Valenciennes, Prix Gayant-Lecture de Douai, splendide Prix des Incorruptibles 2003-2004), un surprenant CyberPan (Grand Prix de l'Imaginaire 2004), un hilarant Mensonge du siècle (2004) et un effrayant Invisible, qui dénonce les dangers de la nanotechnologie.
Avec Memory Park, il s'interroge sur une humanité en proie aux démons du génocide et sur le douloureux travail de la mémoire.

Du même auteur
Autres Mondes
Les enfants de la lune Projet oXatan Cyberpan Le Mensonge du siècle Invisible La fin du monde

Extrait : Memory Park

Ce qui se passa ensuite, je ne puis que me le figurer, d’après ce que Katarina m’a raconté. Moins de trois minutes plus tard, alors que l’assistant de Mihai venait de mettre en marche la machine reliée à mon cerveau, quelqu’un tapota à la porte du van.
L’homme soupira et ouvrit. Katarina se tenait devant la porte, vêtu d’un long manteau de fourrure blanche, un plateau à thé à la main.


-Il est glacé, précisa-t-il. J’ai pensé que ça vous ferait du bien, avec cette canicule.

Les deux hommes se regardèrent.


- C’est… euh, très aimable à vous, madame. Auriez-vous la gentillesse de poser la plateau sur cette petite tablette ? demanda-t-il en vérifiant le réglage de son appareil.

Katarina obéit et s’arrêta devant la machine.


- C’est fou…

L’assistant de Mihai lui barra le passage.

 

- Madame, je vous demanderai de ne pas rester ici. C’est un appareil sensible, voyez-vous, et je ne suis pas sûr que vous ayez l’envie de rester là pendant la totalité de l’opération.

Katarina se tint les hanches.

- Seigneur, maudite sciatique ! Est-ce que… elle montrait l’appareil, inquiète : est-ce que le transfert de ses nouveaux souvenirs va bientôt commencer ?
- Dans quelques secondes, madame.
- Parfait.

Katarina se retourna pour plonger la main dans la poche de son grand manteau à revers fourré. Malgré ses cinquante-neuf ans, malgré l’horreur qui s’était abattue sur elle, elle était restée belle femme ; un chignon argenté rehaussait la pureté naturelle de son visage.
Et ses yeux…
Ses yeux étaient bleus comme des glaciers hostiles. Il furent la dernière chose que vit l’assistant de Mihai quand elle se retourna vers lui. Eux, et le canon de son revolver à silencieux.

- Que…

Poc. Poc. Deux coups légers et l’homme s’affala, la moitié de la tête emportée. Epouvanté, Mihai se précipita sous la table du moniteur. Katarina marcha sur lui.

- Ne le prenez pas personnellement, souffla-t-elle, mais je ne peux pas vous laisser faire ce que vous êtes en train de faire.

L’homme leva un bras pour protéger sa figure. Elle visa son cœur et tira, une seule fois. La main de Mihai se crispa sur sa combinaison. Une auréole de sang s’agrandissait comme un soleil. L’homme glissa à terre, les yeux grands ouverts. Il était déjà mort.
Katarina rangea tranquillement son arme et se pencha sur moi. J’étais profondément endormi sommeil. A tout hasard, elle me tapota les joues.

- Pavel ?

Aucune réaction.
Elle arracha les électrodes qui me reliaient à la machine et entreprit de me ramener chez nous.

A suivre ...

Sélections et prix

Benjamin Carré

Benjamin Carré est né en 1973 en région parisienne. Après un bac sciences éco passé en 1992 (« quand on n'est pas sûr d'arriver, ben on assure les arrières ») , il entre dans une école d'art graphique (l'ESAG à Paris).
Sorti en 1997, il débute dans le jeu de rôle (Néphilim), puis travaille pour l'édition (J'ai Lu, Denoël, Gallimard) et enfin dans le jeu vidéo (Alone in the dark). Dès 2001, il reçoit le Grand Prix de l'Imaginaire et le prix Visions du Futur pour ses illustrations de couvertures, et, en 2006, ses pairs lui remettent aux Utopiales le Prix Art&Fact. Sa première bande dessinée (Smoke City) paraîtra chez Delcourt en mars 2007.

Ses outils sont le PC, Photoshop et la tablette graphique. Benjamin Carré vit et travaille sur Paris. Il est actuellement concept designer de la société Darkworks (développeur de jeux vidéos). Memory Park est sa première collaboration pour la collection « Autres Mondes ».

Du même illustrateur
Autres Mondes
Les Orphelins de Naja La fin du monde