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Fabien Clavel
Interview de Fabien Clavel à l'occasion de la sortie de son roman L'Océan des étoiles
Interview Fabien Clavel à l'occasion de la sortie de son roman L'Océan des étoiles
« Trois questions à... »
FABIEN CLAVEL
Fabien Clavel : J'écris plus naturellement des histoires de fantasy parce que j'aime les éléments merveilleux. Cette fois, j'avais envie de changer de registre et de travailler sur le voyage spatial. En fait, j'essaye d'aborder tous les genres qui me font rêver et je n'avais pas encore écrit de Space Opera.
La science-fiction permet aussi de traiter plus directement de thèmes contemporains, comme l'écologie, qui me tenait à cÅ“ur. Je me suis donc documenté pour que le fond de l'histoire soit le plus sérieux possible : par exemple, les créatures du roman sont tirées d'animaux qui nagent réellement dans nos océans. Certains, comme le Galathée Yeti, n'ont été découverts que très récemment.
Pourtant, je n'ai pas pu m'empêcher de rajouter des motifs mythologiques qu'on trouve plutôt en fantasy. Les prêtres parlent ainsi de « Grande Déesse » et il existe une prophétie autour du vaisseau la Manta. Et puis l'histoire s'inspire un peu de celle du roi Arthur : il suffit de relire le roman en remplaçant Ur par Arthur, Nebh par Merlin et le vaisseau sacré par Excalibur. Finalement, je pense que le livre se situe à mi-chemin entre la fantasy et la science-fiction… Mais bon, Star Wars et Ulysse 31 faisaient déjà cela il y a des années !
Fabien Clavel : D'une manière générale, la science-fiction réfléchit plutôt sur l'exploration de l'espace, parce que l'homme a souvent l'impression d'avoir découvert toute la planète. Cependant nous connaissons encore très mal les océans, en particulier les grandes profondeurs, alors qu'ils forment les deux tiers du globe.
De plus, nous faisons depuis longtemps le lien entre la mer et l'espace. La langue française nous y incite : un astronaute, étymologiquement, c'est un marin des astres. Les astronautes s'entraînent d'ailleurs dans des piscines pour reproduire les conditions du travail dans l'espace. De mon côté, j'ai voulu pousser le rapprochement jusqu'au bout : j'ai donc déplacé les océans pour les mettre dans le ciel. Cela permet ainsi de parler de notre planète à travers le voyage spatial.
Et puis lorsque j'ai écrit ce livre, j'étais en colère contre les personnes qui pensent que la science va tout résoudre à leur place et qu'ils n'ont aucun effort à fournir pour changer les choses : nous pourrions ainsi sans remords détruire la Terre, puisqu'un jour des vaisseaux nous permettront de coloniser d'autres planètes ! J'avais envie de montrer que le départ de la Terre n'est pas une solution si nous ne modifions pas nos comportements. Au début du roman, la tribu d'Ur reproduit les mêmes erreurs que ses ancêtres terriens… et elle court à la catastrophe.
Fabien Clavel : Mon influence principale pour écrire le roman a été la série Firefly de Joss Whedon (le créateur de Buffy contre les vampires !), qui mélange de manière très réussie western et space opera. Je me suis demandé de la même façon comment inventer un univers original dans lequel se mêleraient des éléments futuristes et des éléments plus anciens. Le ton du livre est également assez similaire à celui de la série, où l'humour et la dérision sont omniprésents.
Mais ma première idée était en réalité de raconter une histoire de druides dans l'espace… raison pour laquelle j'ai imaginé une société proche des civilisations indo-européennes qui sont à l'origine de la nôtre. Tous les noms des personnages du roman sont d'ailleurs tirés de racines indo-européennes reconstituées.
Bien sûr, pour me mettre dans l'ambiance du livre, j'ai relu 20 000 lieues sous les mers de Jules Verne ainsi que Les Travailleurs de la mer de Victor Hugo. La plupart des titres de chapitres sont aussi des hommages à des Å“uvres qui m'ont influencé, comme par exemple la série de bande dessinée Valérian ou encore Le Scrameustache.
En fait, j'ai essayé de retrouver les émotions que j'avais ressenties, plus jeune, quand j'avais découvert ces ouvrages pour la première fois. J'ai voulu que l'action soit trépidante pour que le lecteur ait envie de tourner les pages ; les décors ont été très importants pour essayer de susciter le même émerveillement et le même dépaysement que ceux qu'on éprouve devant une très belle image de bande dessinée ; enfin, j'ai essayé de faire en sorte, comme pour la série des Valérian, qu'on puisse relire mon roman plus tard et y trouver une signification nouvelle.

