Interviews
Trois questions à Xavier Mauméjean
Interview de Xavier Mauméjean à l\'occasion de la sortie de son roman La Guerre Spéciale
Dans La Guerre spéciale, vous mettez en scène une Académie militaire et des jeunes recrues qui ne sont pas sans rappeler le film Starship Troopers. Quelles sont vos sources d'inspiration ?
Effectivement, j'avais en tête Starship Troopers, le roman de Robert A. Heinlein, mais aussi le film qu'en a tiré Paul Verhoeven. De même, je me suis référé à La Guerre éternelle de Joe Haldeman. Ces deux auteurs, Heinlein et Haldeman, avaient des options politiques opposées, mais chacun respectait le talent et l'humanisme de l'autre.
L'armée est un thème très présent dans la science-fiction de l'âge d'or. De nos jours, il parle moins au jeune lectorat, notamment parce que chez nous il n'y a plus de service militaire. Or dans l'histoire de l'humanité, l'armée existe de tout temps, en tout lieu. Pour le bien ou le mal, des magnifiques 300 Spartiates qui, par leur sacrifice aux Thermopyles ont sauvé la Grèce, jusqu'aux hordes nazies. L'armée n'est pas liée à une option politique particulière, pour preuve l'Armée Rouge de l'ancien bloc socialiste. En tant qu'activité humaine, elle présente un intérêt, au même titre que l'Art, la Religion ou la Science.
Et puis, tout simplement, je voulais faire un roman avec des Aliens, des chasseurs de combats, une unité d'élite dotée de pouvoirs psychiques. Et de la pure action, qui ne soit pas que de la baston mais laisse place aux sentiments, car mes héros sortent à peine du lycée.
Votre nom est bien connu du public de l'imaginaire (vous dirigez chez Mango la collection « Royaumes Perdus » et êtes l'auteur de nombreux romans). Pourquoi mettre en scène le futur ?
Parce que notre époque a réduit le futur à un avenir immédiat. « Il faut que tu penses à ton avenir », dit-on aux adolescents, « Que comptes-tu faire dans l'avenir ? ». Or cette approche me paraît liée à des préoccupations hélas nécessaires, mais pas plaisantes : le travail, la sécurité. Je veux donc réintroduire une part de ce futur riche d'infinies possibilités qu'offre la science-fiction. J'aimerais que, le temps d'un roman, le lecteur ne s'inquiète plus de son avenir mais rêve du futur.
Quels sont vos projets d'écriture (en jeunesse) ?
Je songe à écrire un livre sur l'auteur des blagues Carambar. La friandise aurait un autre nom, mais l'idée serait la même. Quelqu'un, quelque part, qui manipule les gens au moyen de ses petites histoires, comme s'il tirait le tarot. Une sorte de jeu de pistes, traité sous forme de thriller.
Sinon, je travaille à nouveau sur un thriller qui verrait un jeune homme retrouver son ami imaginaire. Celui que personne ne voyait quand il était enfant, sauf lui. Seulement, son compagnon invisible n'a pas accepté d'être abandonné, et il veut le lui faire payer.
Enfin, dans l'immédiat, j'écris un roman sur les Kamikazes. Ce n'est pas vraiment un roman jeunesse, même si les protagonistes sont terriblement jeunes.

